Les causes de l’humidité dans une maison sont nombreuses et souvent difficiles à identifier. Elles résultent fréquemment de la combinaison de phénomènes extérieurs et intérieurs, parfois anciens.
L’humidité peut prendre des formes très diverses : eau de pluie, eau souterraine, vapeur d’eau, fuites de canalisations ou simple respiration des occupants. En soi, cette eau n’est pas dangereuse, tant qu’elle peut circuler et s’évacuer.
Le véritable problème apparaît lorsque l’eau stagne ou se retrouve piégée dans les murs et les sols. C’est alors que surgissent moisissures, dégradations des enduits et inconfort pour toi.
Certains phénomène relèvent des problèmes internes tandis que d’autres sont totalement extérieurs à l’habitat.
Avant d’analyser les causes les plus courantes, il est utile de s’arrêter sur les événements extérieurs exceptionnels qui peuvent provoquer une humidité brutale dans la maison.
Origines extérieures exceptionnelles
Une maison peut être confrontée à des arrivées d’eau soudaines liées à des événements rares : crues, remontées de nappe ou ruptures de réseaux. Dans ce contexte, les maisons anciennes s’en sortent souvent mieux, car leurs matériaux et leur conception favorisent un séchage progressif.
Remontées de nappe phréatique
Les remontées de nappe sont toujours possibles. Autrefois, l’implantation des maisons en tenait compte et on évitait d’y placer les pièces de vie.
Aujourd’hui, l’aménagement des sous-sols en chambres ou salles de bains expose directement ces espaces au risques d’humidité. Les tentatives pour bloquer l’eau par des dalles béton ou des revêtements étanches aggravent souvent le phénomène, en forçant l’humidité à remonter dans les maçonneries, parfois jusqu’à la charpente.
Inondations dues au débordement d’un cours d’eau
La proximité d’un cours d’eau peut provoquer des inondations ponctuelles, plus ou moins durables. Il est essentiel de distinguer l’événement initial de ses conséquences, car une humidité persistante peut demeurer longtemps après la disparition de la cause.
Lorsqu’une maison est bien construite, une inondation lente entraîne surtout des dégradations superficielles, généralement réparables après séchage. Ce type d’événement est souvent moins grave qu’une arrivée d’eau brutale.
En revanche, une crue violente qui modifie le cours d’une rivière peut frapper directement les murs, fragiliser les fondations et provoquer des dégâts structurels majeurs.

Au-delà de ces événements ponctuels, l’humidité provient le plus souvent de phénomènes discrets mais permanents.
Origines naturelles constantes
Ces sources sont les plus fréquentes. Elles concernent l’eau du sol et les eaux de pluie, qui agissent de manière diffuse mais permanente. Dans la majorité des cas, la maison ancienne sait les gérer naturellement, tant que son fonctionnement d’origine est respecté.
Les remontées capillaires dans les murs
Les remontées capillaires constituent une cause classique d’humidité dans les maisons anciennes. Elles ne peuvent pas être supprimées, seulement régulées.
La nature des matériaux est déterminante : certaines pierres limitent les remontées, d’autres les favorisent. Les mortiers fins servent souvent de chemin naturel à l’eau. Lorsque les enduits sont respirants, l’humidité peut s’évaporer progressivement sans provoquer de désordres.

Le mauvais drainage des sols
Un mauvais drainage résulte souvent de modifications du bâti ou de son environnement. Remplacer un mur ancien par un mur en parpaings ou couler une dalle béton empêche la percolation naturelle et concentre l’eau au pied des murs.
L’artificialisation des sols, à l’extérieur comme à l’intérieur, bloque l’évaporation et favorise les infiltrations. Les enduits étanches aggravent encore la situation en piégeant l’eau dans la maçonnerie.
Dans la grande majorité des cas, les problèmes d’humidité dans la maison proviennent d’une mauvaise gestion des eaux de surface et des eaux souterraines.
Le rejaillissement des eaux de pluie
Le rejaillissement de l’eau de pluie en pied de mur est particulièrement nocif. Ce n’est pas tant la quantité d’eau que sa vitesse d’impact qui pose problème.
Les débords de toiture et les coyaux permettaient autrefois de rejeter l’eau loin des façades. Les surfaces dures actuelles favorisent des rebonds plus hauts, visibles à l’intérieur sous forme de lignes d’humidité.
Même si l’environnement extérieur joue un rôle majeur, certaines arrivées d’eau trouvent également leur origine à l’intérieur même de la maison.

Origines internes accidentelles
Les équipements modernes peuvent être à l’origine d’accidents ponctuels mais très destructeurs pour une maison ancienne.
Rupture des réseaux
Les réseaux d’eau doivent rester visibles ou facilement accessibles. Les conduites encastrées sont à éviter, car les mouvements du bâti peuvent provoquer leur rupture.
La pression des réseaux actuels est telle qu’une fuite peut, en quelques heures, déchausser les assises d’un mur sans fondations.
Cas d’un chauffage au sol
Lorsqu’il est correctement posé, le risque de fuite est très faible. Les réseaux sont testés avant coulage et les dalles flottantes acceptent les mouvements du bâti. Les désordres sont presque toujours liés à une erreur de mise en œuvre.
Rupture des équipements
Les chauffe-eau représentent un risque majeur : un volume important d’eau chaude peut se déverser sans être absorbé par le sol, entraînant des dégâts invisibles mais graves.

Les lave-linge présentent un risque comparable, surtout sur un plancher bois. Il est préférable d’installer ces équipements dans des locaux adaptés, comme la cave ou le cellier.
En dehors des accidents, la maison produit elle-même de l’humidité au quotidien, souvent sans que l’on s’en rende compte.
Origines internes constantes
Dans bien des cas, l’humidité est liée aux usages domestiques. Ce n’est pas la maison ancienne qui est en cause, mais un mode de vie qui ne tient pas compte de son fonctionnement.
Lorsque les habitudes s’adaptent au bâti, la maison retrouve son équilibre et offre un confort durable.
La vapeur d’eau domestique
La respiration des occupants produit une quantité non négligeable de vapeur, surtout lors de rassemblements ponctuels. L’aération quotidienne reste indispensable, même en hiver.
La cuisine est la principale source de vapeur. Les enduits à la chaux régulent partiellement l’humidité, mais un renouvellement d’air adapté reste indispensable.
La condensation
La condensation est la principale source d’eau produite à l’intérieur de la maison. Elle apparaît sur les parois froides et aux ponts thermiques.
Le renouvellement d’air est utile, mais parfois insuffisant. Les tuyaux d’eau froide par exemple doivent idéalement être isolés (calorifugeage) pour éviter la condensation lorsque l’air ambiant est trop humide.

Le mode de chauffage
Les maisons anciennes fonctionnent par inertie. Elles doivent d’abord sécher avant de chauffer efficacement. Les chauffages ponctuels et irréguliers favorisent la condensation et les parois froides.
Chauffage d’une résidence principale
Un chauffage continu permet un équilibre stable entre air et parois. La maison absorbe alors sans difficulté les apports ponctuels de vapeur. Dans le cas d’une résidence principale il vaut mieux opter pour une isolation favorisant l’inertie naturelle des murs ou d’une masse thermique ajoutée comme sur le schéma ci-dessous.
Chauffage d’une résidence secondaire
Un usage ponctuel impose une montée et une descente en température progressive. Un chauffage anticipé, associé à une ventilation peut fortement aider à limiter la condensation et préserver le bâti. Il pourra être déclencher à distance et faire monter progressivement l’habitation en température avant le week-end par exemple.

Toutefois, selon les pièces et les usages, l’humidité s’exprime différemment et peut concentrer ses effets sur des zones bien précises
Les espaces à risques dans la maison
Les pièces d’eau
Les usages actuels génèrent une humidité bien supérieure à celle prévue à l’origine. Les sols anciens ne peuvent l’absorber et la reportent vers les murs et plafonds. Une bonne étanchéité entre niveaux est indispensable.
La cave
La cave doit être inspectée avec soin : ventilation, réseaux, nature du sol, regards extérieurs. Toute modification (chaufferie, dalle, cloisonnement) change profondément son équilibre hygrométrique.

Les combles aménagés
Les combles sont sains tant qu’ils restent ventilés. Leur aménagement modifie la circulation de l’air et peut concentrer l’humidité au niveau de la charpente.
Dans l’idéal il vaut mieux isoler la charpente dans le même volume que l’habitation afin d’éviter des points de rosée au niveau des raccordement isolant/charpente. Les bois humides et mal ventilé ne donnent que rarement de bons résultats …
=> C’est la méthode du « sarking »
Ainsi, l’ensemble de ces situations montre que l’humidité n’est jamais un phénomène isolé. Comprendre où et pourquoi l’humidité apparaît te permettra désormais d’agir de manière ciblée et d’éviter des solutions inadaptées.
Comprendre l’origine de l’humidité dans une maison, en particulier ancienne, est la clé pour éviter des travaux inutiles ou contre-productifs. Avant de chercher à bloquer l’eau, il faut d’abord comprendre comment elle circule et pourquoi elle s’accumule.
Grâce à cette série d’articles tu seras bientôt plus calé sur le sujet que beaucoup de professionnels !
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